Celles d’Hébert

Anton Beraber

« En ce domaine il n’y a rien qu’Hébert ignore. Et ceux qui s’entêteraient de savoir à leur tour, craignons qu’il leur faille un courage spécial: car, Hébert répète, tout n’est pas fait pour être dit. »


« Celles », ce sont toutes ces femmes qui ont croisé le chemin tortueux d’Hébert. Au hasard d’un emménagement contraint, le narrateur rencontre ce personnage un peu rance dans une ville qu’on croirait oubliée. Il lui confiera alors ses frasques, terriblement humaines, dont la morale s’écarte au profit d’une loi qui n’aurait été écrite que pour lui.

Porté par une langue sans pareil, ce texte donne ses lettres de noblesse à un homme qui en manque certainement. Entre rire et effroi, à chacun de s’y confronter, et de se faire son idée sur ce personnage hors-norme aux contours indéfinis et au verbe fort.

16 € — 128 pages — Parution : 05/04/2022 — ISBN : 9782956166030 — Format : 13 x 18 cm
1er tirage — Impression : Corlet — Papiers : Fedrigoni — Graphisme : AAAAA Atelier

L’auteur :


Anton Beraber approche la quarantaine. De ses excursions par le monde il hérite d’une vision littéraire sensible et grandiose, entre tradition et modernité. Il vit actuellement en Lettonie.

L’extrait :


« Parce qu’évidemment il y en a que je sors du lot : celles de la Poste, par exemple, qui ont bien du mérite. Celles qui dorment sous le pont de fer. Les folles. Les vendeuses de muguet pour les œuvres. Les ouvreuses du Salon agricole et, malgré tout ce qu’on pourrait croire, malgré les yeux qu’elle a toujours un peu fixes, madame Mitterrand.»

La dame de l’agence l’avait à peine salué. Elle procédait, à l’étage du dessus, aux vérifications d’usage, avant de remonter sur la préfecture faire les papiers. Les affaires que j’avais sorties de la voiture pour accommoder les premiers jours encombraient le passage. C’est pour me le reprocher qu’Hébert, tout de suite, avait entrebâillé la porte de son appartement ; quoique nous nous voyions pour la première fois, ce fut comme s’il reprenait la conversation de la veille.

« Et je les donne en exemple aux autres : sont honnêtes, belles dedans, de vraies dames, et pas qu’aux heures ouvrables. Il faudrait les peindre pour accrocher dans les écoles. Quand elles veulent partir, elles trouvent les mots que personne aurait trouvé mieux et, surtout, elles ne ramassent que leurs affaires. De vivantes leçons de dignité. Mais les autres, je veux dire : la majorité déçoit. »

On en parle :


Télérama

« L’original Celles d’Hébert raconte l’existence pulsionnelle d’un homme fruste passé par la prison. Son voisin, narrateur anonyme, a “la manie de pelleter les ombres”, comme Anton Beraber celle d’écrire des vies pleines de théophanies tristes. » Youness Bousenna

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Libération

« Au coeur de ce livre-là, un secret aussi, une énigme intime chez l’autre qui demeurera sans véritable réponse. » Frédérique Roussel

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Le Matricule des Anges

« Et c’est alors, en demi-teintes, tout un aéropage de femmes, une sorte de choeur antique, qui hante la narration d’une façon très tendre. Ce n’est plus une question de style — Beraber est un virtuose — mais de vaillance. » Jérôme Delclos

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En attendant Nadeau

« Hébert ne vit (et il le fait intensément) que par son langage, à la fois inculte et orné, prolixe et parfois profond, saisi à la racine même de son élocution bâtarde par une capacité de mimétisme littéraire qui rappelle les plus grandes réussites […] » Maurice Mourier

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Les prix ?


Sélectionné pour le Prix Hors-Concours 2022